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Mireille Delunsch # LACRIMOSA

Mireille Delunsch # LACRIMOSA

  • Date de début : 02/04/2021
  • Heure de début : 20:30:00
  • Lieu : Colmar, église Saint-Matthieu
  • : 30,00 €

Musiciens

Programme

Alessandro SCARLATTI (1660-1725)
Stabat Mater – composé en 1720

Giovanni Battista PERGOLESI (1710-1736)
Stabat Mater - composé en 1736


MIROIR… 
Deux Stabat Mater composés par deux compositeurs napolitains pour la même congrégation, à seulement 15 années d’intervalle car les « Chevaliers de la Vierge des douleurs » de Saint-Louis de Naples avaient rapidement considéré le chef-d’œuvre de Scarlatti comme « démodé » ! Ces deux œuvres sont le reflet d’une époque, celle du début du 18ème siècle où le baroque napolitain dominait alors l’Europe musicale.

Alessandro SCARLATTI : « l’Orphée Italien » 
Auteur de près de 1000 œuvres musicales, Alessandro Scarlatti est un monument à lui seul : fondateur de l’ouverture à l’italienne – ancêtre de la symphonie, donnant sa forme définitive à l’Aria da capo, il influença considérablement G.F. Haendel et est considéré comme le précurseur direct de W.A. Mozart. Son premier biographe, E. Dent, ose ainsi affirmer, au début du 20ème siècle : « on peut dire que son meilleur élève est Mozart (…) presque toutes ces caractéristiques de style que nous sommes habitués à considérer comme essentiellement mozartiennes ont été apprises par Mozart des italiens du demi-siècle précédent. » 

PERGOLESE ou l’Absolu baroque 
Pergolèse fait ses premières armes de musicien au conservatoire de Naples en violon et contrepoint auprès du célèbre maître Francesco Durante. En 1727, après la mort de son père, il devient maître de Chapelle du prince de Stigliano. Suivent les récompenses et reconnaissances, le propulsant à l’avant de la scène. En 1736, il succomba, à l’âge de 26 ans, d’une maladie pulmonaire contractée lors de son enfance. Il travaillait alors à la réalisation de son Stabat Mater.

Le théâtre des émotions

La célébrité de Pergolèse a contribué à la circulation de nombreuses légendes. L’authenticité des œuvres qui lui ont été attribuées fut ainsi souvent douteuse. Concernant son œuvre sacrée, et plus particulièrement les motets, 7 lui sont attribués de façon certaine. Pergolèse ne suit pas ici une seule veine d’inspiration ni une esthétique bien précise allant de la cantate sacrée au petit motet à la française auquel appartient son Stabat Mater. Composé en 1736 et commande de la Confraternité Saint-Louis du Palais, son Stabat fut surnommé par Bellini « ce divin poème de la douleur ». Il est considéré, à juste titre, comme l’un des chefs-d’œuvre de la musique occidentale, notamment sur le plan des figuralismes musicaux. La musique comme expression des passions les plus profondes de l’âme est visible dès les premières notes du dialogue initial. Les frottements de secondes majeures et mineures entre les voix symbolisent de façon saisissante la douleur de la Vierge. Quelle compréhension fabuleuse de la part de notre compositeur du potentiel sensible de la dissonance de fonction, caractéristique de l’époque baroque. Un simple ostinato, symbolisant l’inéluctable fin, le glas funèbre ; une tonalité d’une obscurité et d’une tension terrifiante, fa mineur, et au-dessus, planant dans les airs, un dialogue comme évanescent entre nos deux solistes : la Vierge et le Christ, l’âme et le Corps, l’Esprit et la Matière.

Un opéra sacré tout en mouvement et en contraste
Chaque numéro de l’œuvre est ainsi un véritable petit bijou. Le sens profond de chaque mot y est amplifié par la musique. Pergolèse utilise toutes les techniques, toutes les ressources d’écriture à sa disposition pour élaborer une exégèse musicale la plus transcendante possible de ce poème de la douleur qu’est la séquence du Stabat Mater, ce texte au potentiel dramatique hors du commun. Ecoutez les trilles déchirants, symbole du glaive transperçant le cœur, ou encore les plaintes gémissantes du « O quam tristis ».

>>Ecouter
Voix des Anges, opus 74 

>>Approfondir
Collection Analyses, n°03, Le Stabat Mater – divin poème de la douleur (à venir)