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Inflammatus

Inflammatus

  • Date de début : 19/09/2020
  • Heure de début : 20:00:00
  • Lieu : Hunawihr, église fortifiée St-Jacques
  • : 25,00 €
    Billetterie

Musiciens

Programme

Antonio Caldara (1670-1732)
Crucifixus à 16 voix

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Stabat Mater à 10 voix

Félix Mendelssohn (1809-1847)
Cantate, Wer nur den lieben Gott

Louis Vierne (1870-1937)
Tantum ergo

Joseph Rheinberger (1839-1901)
Stabat Mater


>>CRUCIFIXUS 

Le mythe de la Croix : quel message ? 
Sans doute extrait du Credo d’une messe perdue, le Crucifixus de Caldara est un chef-d’œuvre de contrepoint à 16 voix, un tourbillon sonore qui nous enveloppe, une architecture sonore d’une luxuriance étonnante qui nous renvoie à la structure même de la croix qui est alliance de l’horizontal et du vertical : du matériel et du spirituel qui nous constituent. Composé sur seulement quatre mots « Crucixifus etiam pro nobis », il nous renvoie à ce moment crucial du christianisme : la crucifixion. Cette scène fut mise en musique par tous les grands compositeurs avec des approches variées. Comment la comprendre ? Lorsque Jésus rendit l’Esprit le voile se déchira… ne pourrait-on imaginer une lecture à plusieurs degrés ? 

Vers une lecture symbolique de la crucifixion 
Deux indices, nous permettent de conforter cette hypothèse. Tout d’abord INRI, qui est inscrit sur la croix à la demande de ponce Pilate. Cette expression désigne-t-elle « Jésus de Nazareth Roi des Juifs ou plutôt Igne Natura Renovatur Integra « le Feu renouvelle la Nature entièrement », feu de l’Incandescence… Ensuite, Barabas le brigand celui qui aurait pu être condamné à la place de Jésus. Son nom signifie « le Fils du Père ». Autrement dit, il s’agit de la même personne que le Christ comme si ce dernier ce dédoublait, sa partie mauvaise étant libérée sur Terre et sa partie pure étant crucifiée. Comment le comprendre ? La Crucifixion, comme nous l’apprend très justement l’Evangile de Judas récemment traduit n’est pas une mort, n’est pas une souffrance. Bien au contraire, il s’agit du retour au Père. Le corps de Jésus meurt, certes, mais son âme divine retourne dans l’Au-delà céleste.

Le Stabat Mater de Domenico Scarlatti
Entre ombre et mystères
Cela pourrait paraître assez incroyable qu’au 21e siècle encore, de vastes zones d’ombre puissent exister autour de la vie de l’un des grands compositeurs du 18e siècle que fut Domenico Scarlatti. Pourtant, et à titre d’exemple, seule son Miserere nous est parvenu en partition autographe, la majorité de ses œuvres ayant été détruites lors du tremblement de terre de Lisbonne, en 1755. Néanmoins, les recherches musicologiques découpent traditionnellement son existence en deux parties bien distinctes : les années italiennes et portugaises d’une part (consacrées essentiellement à la composition vocale profane et sacrée) et – à partir de 1729, les années espagnoles donnant naissance à ses chefs-d’œuvre pour clavier. Le présent Stabat Mater fut vraisemblablement composé en 1719 pour la Chapelle Giulia du Vatican.

Une musique sacrée de tradition
L’ensemble du corpus de musique sacrée de Domenico Scarlatti ne présente qu’un intérêt limité. Empreint de conservatisme et de références palestriennes, il ne présente ni originalité, ni vision dramatique ou renouvellement. En revanche, son Stabat Mater – considéré, à juste titre comme son chef-d’œuvre, tient une place tout à fait particulière. Dans ce dernier, nous ressentons les influences de trois Stabat antérieurs que sont celui de Alessandra Scarlatti, son père, Pergolèse et enfin, voire peut-être, surtout celui d’Agostini Steffani.

Une architecture vocale exceptionnelle
Il s’agit de la première qualité indiscutable de l’œuvre, qui en fait tant sa richesse que sa complexité. Écrite pour dix voix (soit deux chœurs à 5 voix SSATB), elle explore toutes les combinaisons possibles, les 10 voix n’étant pas traitées – comme à la Renaissance, comme un double-chœur mais, bel et bien, comme dix entités radicalement indépendantes, dix personnages d’opéras à part entière qui discourent sans hiérarchie spécifique. 

Une texture opératique
La seconde caractéristique de l’œuvre est cet équilibre, si savamment dosé, entre référence au style ancien et recherche du mouvement baroque. Scarlatti, dans certains numéros, nous entraine ainsi dans un tourbillon opératique incroyable, les flammes de l’enfer dansant devant nos yeux, Inflammatus

>>Ecouter
Voix des Anges, opus 68 – podcast

>>Approfondir
Collection Analyses N°03 - Le Stabat Mater, divin poème de la douleur (A venir)
Pour patienter:
D. Scarlatti, Stabat mater à 10 voix.
J. Rheinberger, Stabat mater Op. 138.