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HELENE

HELENE

  • Date de début : 11/06/2021
  • Heure de début : 20:00:00
  • Lieu : Colmar, Théâtre Municipal
  • : 25,00 €
    Billetterie

Musiciens

Programme

Marianna MARTINES, HELENE
Oratorio en deux actes

ELENA, Karen Barbaux
EUDOSSA, Myriam Djemour
EUSTACIO, Julie Dey
MACARIO, Stefan Sbonnik
DRACILIANO, Jean-Christophe Fillol

Choeur & Orchestre de Chambre de Colmar
Antonio De SARLO, 1er violon - Cyril PALLAUD, direction

Réservations fortement conseillées · 03 89 20 29 02 ou reservation.theatre@colmar.fr


Si tout le monde connait Mozart, le nom de Marianna MARTINES est, quant à lui, totalement inconnu : à l’image de la plupart des compositrices, il n’a pas été retenu par la postérité. Et pourtant… collègue estimée de Mozart, elle fut l’une des élèves les plus brillantes de Haydn au clavier et de Porpora au chant. Elle laisse en héritage des dizaines d’œuvres splendides : Messes, Oratorios, Concertos, Sonates, Airs, pour partie commandes impériales puisqu’elle avait une place de choix à Vienne. Or, sa qualité de femme, la priva du privilège de l’édition, sésame de la diffusion et de la célébrité, privilège alors masculin. En 1812, se furent ainsi d’authentiques chefs-d’œuvre qui ont été remisés dans plusieurs bibliothèques prestigieuses faisant sombrer dans l’oubli cette créatrice de génie.

« Marianna Martines nous parle dans son manuscrit, c’est comme si nous lui redonnions vie. »

« Affirmer que les créatrices ont été mises de côté est une chose, le démontrer en est une autre. C’est pourquoi symboliquement nous avons choisi cette œuvre et cette compositrice :  en abordant une collègue de Mozart ayant la même position, dans la même ville et en interprétant l’un de ses chefs-d’œuvre, de très grande qualité, la différence de traitement entre elle et Mozart devient patente : d’un côté une célébrité mondiale, de l’autre un oubli total. » nous précise Maître Welschinger, président de l’Orchestre de Colmar.

Un seul manuscrit au monde : des mois d’étude et un voyage à Vienne

La majorité des œuvres de Marianna Martines est conservée dans la Bibliothèque du MusikVerein de Vienne, lieu devenu mythique par son mondialement connu Concert du Nouvel an. Or, ce bâtiment abrite une non moins prestigieuse bibliothèque, conservant des autographes des plus grands auteurs. Aucun n’étant accessible en ligne, il fallut s’y rendre pour étudier les œuvres de la compositrice. « Le manuscrit de l’Oratorio HELENE se compose de deux volumes pour un total de 352 pages. Il était très émouvant d’avoir, entre ses mains, un autographe de la compositrice et de pouvoir lire sa musique. C’est ainsi, après plusieurs siècles de silence, comme si elle revivait sous nos yeux nous précise Cyril Pallaud, directeur musical de l’Orchestre. Nous avons été étonnés par l’ampleur et la qualité de l’œuvre : nous nous attendions à du bel ouvrage mais pas à ce point ! Quelle sûreté dans l’écriture et la graphie ; quelle clarté dans la structure et la conduite des phrases. »

« Jouer des compositrices, encore aujourd’hui, relève du parcours du combattant ! »

A la différence d’autres grandes bibliothèques européennes, celle de Vienne ne numérise pas ses documents et n’y donne pas accès librement. C’est ainsi à la réception d’une copie papier du manuscrit que put débuter le titanesque travail d’analyse et de transcription de l’œuvre, menée par le comité scientifique de l’orchestre et composé d’Antonio De Sarlo, 1er violon, de Darija Andzakovic, contrebassiste et musicologue spécialisée en musique viennoise du 18ème siècle et d’Estelle Gerthoffert, continuiste. « Le travail que nous avons mené et qui aboutira à la recréation mondiale de HELENE est gigantesque. Lorsqu’un orchestre symphonique joue son répertoire traditionnel, il lui suffit d’acheter des partitions, connues – pour la plupart – déjà de tous. Ici, nous avons du tout recréer déclare Lucie Guati, administratrice des ensembles. »

HELENE : opéra sacré sur un livret de METASTASE
A la découverte de la mère de Constantin

Il a d’abord fallu être capable de lire le manuscrit et les clefs anciennes puis traduire le livret de METASTASE qui est dans un italien poétique du début du 18ème siècle. Enfin, et surtout, il fallut résoudre quantité de questions musicologiques. « Lorsque nous avons comparé le texte original de METASTASE et l’oratorio de Martines, nous nous sommes aperçus que la bibliothèque avait inversé la numérotation des deux volumes de la compositrice et de leurs paginations respectives : le volume 2 de Martines correspond à l’Acte I de Métastase et vice-versa ! » nous précise Lucie Guati qui a été à l’origine de cette découverte à l’impact significatif. 

« aucun enregistrement, aucune comparaison possible, seulement le manuscrit : nous sommes des archéologues ! »

Découvrir une musique qui n’a jamais été enregistrée et lui redonner vie est une approche qui tient particulièrement à cœur du directeur musical de l’ensemble : « Aborder une œuvre inconnue est exaltant : c’est là que le métier de musicien-interprète prend tout son sens et que la responsabilité du chef d’orchestre est centrale. Le choix des chanteurs pour les 5 rôles titres a été notre premier défi car Marianna MARTINES avait tant recouru aux castrats, qu’aux contre-ténors et contre-alto. Il nous a fallu auditionner des chanteurs et prendre le temps de la réflexion avant de choisir les voix qui incarneraient le plus justement chaque personnage. » complète Cyril PALLAUD.

« Interpréter c’est comprendre la pensée de la compositrice pour ne pas la trahir »

Face à ce terrain vierge, où la seule source d’inspiration est la partition elle-même, le directeur musical nous confie qu’il s’agit d’une chance et non d’une contrainte : « au lieu d’être influencé, même inconsciemment par d’autres versions, on est obligé ici d’étudier chaque détail de l’œuvre car -à chaque page- des choix sont nécessaires. Il faut trancher, en permanence, mais avec des arguments : pourquoi ce tempo, pourquoi cette articulation, pourquoi cet ornement ou cette respiration. Or, toutes ces décisions techniques sont là pour servir le message et les émotions que souhaitent transmettre Martines. »

« ce projet est un défi riche de sens ! »

Ghislaine Kautzmann, responsable du Cercle des Partenaires de l’Orchestre de Chambre de Colmar revient sur ce projet très ambitieux qui est né en plein confinement. « L’Orchestre de Colmar est porté par une jeune association, extrêmement dynamique et en pleine expansion. Pour nous ce projet est magnifique et très ambitieux. Il n’a pu se concrétiser que grâce à des partenaires exceptionnels qui nous soutiennent : le Théâtre de Colmar, la Préfecture du Haut-Rhin, la Ville de Colmar, RUC, Salon de Coiffure Dessange, la Pâtisserie Schmitt, … »