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Stabat Mater - Pergolèse  (M. Delunsch)

Stabat Mater - Pergolèse (M. Delunsch)

  • Date de début : 02/04/2021
  • Heure de début : 20:30:00
  • Lieu : Colmar, église St-Matthieu

  • A : 30,00 €
    B : 20,00 € B Tarif réduit : 10,00 €
    Billetterie

Musiciens

Programme

A. Vivaldi
Stabat Mater

G.F. Haendel
Concerto pour orgue et orchestr en Fa Majeur

G.B. Pergolesi
Stabat Mater

Mireille DELUNSCH, soprano solo
Coline DUTILLEUL, alto solo
Cyril PALLAUD, orgue & direction


Une soirée exceptionnelle. Le concert du Vendredi saint, donné en la Chapelle des Unterlinden, faisait partie des traditions illustres de Colmar. Après une longue période d'absence, nous sommes très fiers de contribuer à la remise en place de ce moment si spécial et attendu.

Mireille DELUNSCH, en soliste

Icône du chant lyrique sur le plan international, la carrière de Mireille Delunsch n'est plus à retracer. Comptant parmi les plus grandes chanteuses de notre temps, celle qui est alsacienne de naissance revient pour notre plus grand bonheur chanter sur notre territoire.

Le Stabat Mater de Pergolèse
Pour l'occasion, et en lien fort avec la thématique du Vendredi saint, l'Orchestre de Chambre de Colmar-Alsace vous propose le Stabat Mater de Pergolèse, véritable chef-d'oeuvre. Dans une formation pour orchestre de chambre et deux solistes, nous abordons ici le répertoire baroque le plus attachant, celui de la Venise du 18e siècle dont la fougue et les extrêmes se défoulent dans un tourbillon incroyable, happant le public et le touchant droit au cœur.

Le Stabat Mater est une séquence composée au treizième siècle et attribuée au franciscain Jacopone da Todi. Exclue de la Liturgie par le Concile de Trente, elle fut réintégrée en 1727 devenant la cinquième et dernière séquence autorisée. Elle est associée à la Fête de Notre-Dame des Douleurs, le 15 septembre. Ce texte au potentiel dramatique intense signale une nouvelle forme de piété, plus émotive et démonstrative qui se fait jour à la fin du Moyen Âge. Elle fut une source d’inspiration très importante pour l’ensemble des arts et notamment la musique.

PERGOLESE

Pergolèse fait ses premières armes de musicien au conservatoire de Naples en violon et contrepoint auprès du célèbre maître Francesco Durante. En 1727, après la mort de son père, il devient maître de Chapelle du prince de Stigliano. Suivent les récompenses et reconnaissances, le propulsant à l’avant de la scène. En 1736, il succomba, à l’âge de 26 ans, d’une maladie pulmonaire contractée lors de son enfance. Il travaillait alors à la réalisation de son Stabat Mater.

La célébrité de Pergolèse a contribué à la circulation de nombreuses légendes. L’authenticité des œuvres qui lui ont été attribuées fut ainsi souvent douteuse. Concernant son œuvre sacrée, et plus particulièrement les motets, 7 lui sont attribués de façon certaine. Pergolèse ne suit pas ici une seule veine d’inspiration ni une esthétique bien précise allant de la cantate sacrée au petit motet à la française auquel appartient son Stabat Mater. Composé en 1736 et commande de la Confraternité Saint-Louis du Palais, le Stabat fut surnommé par Bellini « ce divin poème de la douleur ». Il est considéré, à juste titre, comme l’un des chefs-d’œuvre de la musique occidentale, notamment sur le plan des figuralismes musicaux.

La musique comme expression des passions les plus profondes de l’âme est visible dés les premières notes du dialogue initial. Les frottements de secondes majeures et mineures entre les voix symbolisent de façon saisissante la douleur de la Vierge. Quelle compréhension fabuleuse de la part de notre compositeur du potentiel sensible de la dissonance de fonction, caractéristique de l’époque baroque. Un simple ostinato, symbolisant l’inéluctable fin, le glas funèbre ; une tonalité d’une obscurité et d’une tension terrifiante, fa mineur, et au-dessus, planant dans les airs, un dialogue comme évanescent entre nos deux solistes ; la Vierge et le Christ, l’âme et le Corps… 

Chaque numéro de l’œuvre est un véritable petit bijou. Le sens profond de chaque mot y est amplifié par la musique. Pergolèse utilise toutes les techniques, toutes les ressources d’écriture à sa disposition pour élaborer une exégèse musicale la plus transcendante possible de ce poème de la douleur qu’est la séquence du Stabat Mater, ce texte au potentiel dramatique hors du commun. Ecoutez les trilles déchirant du numéro 2 symbolisant le glaive transperçant le cœur, ou encore les plaintes gémissantes du « O quam tristis ».

VIVALDI

Si la Venise du 18e siècle n’est plus que l’ombre d’elle-même, le Prêtre Roux put encore bénéficier de ses vénérable institutions que sont les ospedale. Ces asiles d’accueil pour jeunes filles orphelines furent de véritables conservatoires de musique. La Sérénissime en comptait quatre : della Pieta, dei Mendicanti, degli Incurabili et de S. Giovanni e Paolo. La qualité était telle que le public se pressait aux concerts de chacune de ses institutions. Jean-Jacques Rousseau en laissa d’ailleurs un témoignage édifiant « Je n’ai l’idée de rien d’aussi voluptueux, d’aussi touchant que cette musique ». Il est à noter qu’alors la porosité entre musique sacrée et profane est quasi totale. Si les textes sont naturellement différents, la posture compositionnelle de l’artiste ne diverge quasiment pas. Qu’il destine son œuvre au théâtre ou à l’église, les techniques d’écriture sont les mêmes : ritournelles, bel canto, duos et trios virtuoses ; même vigueur tonale, syncopes, contre-temps, marche harmonique, ornementation. L’objectif premier est et reste l’expressivité, le mouvement et le contraste ! Le Stabat Mater RV621 en fa mineur se structure autour de tempi exclusivement lent, fait rarissime. Il choisit ici de mettre véritablement la musique au service du texte. Ainsi, ses adagios deviennent de véritables récitatifs accompagnés où la liberté expressive est totale. De nombreux points communs existent entre le Stabat de Vivaldi et celui de Pergolèse. Outre la tonalité identique, les procédés d’écriture semblables, nos deux compositeurs ont essayé – avec les mêmes moyens d’écriture – de traduire de la façon la plus juste possible la douleur de Vierge, une douleur universelle.