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Paradisi Gloriae (Clôture du Marché de Noël)

Paradisi Gloriae (Clôture du Marché de Noël)

  • Date de début : 18/12/2020
  • Heure de début : 20:00:00
  • Lieu : Riquewihr, église protestante

  • A Plein tarif : 20,00 € A Tarif réduit : 15,00 €
    B Plein tarif : 15,00 € B Tarif réduit : 10,00 €
    Billetterie

Musiciens

Programme

dans le cadre du Concert de clôture du
Marché de Noël 
de Riquewihr

en coproduction avec les
Amis de l'Orgue de Riquewihr

Félix MENDELSSOHN
TE DEUM à 8 voix
Ave Maria - Hör mein Bitten 

Francis POULENC
4 motets pour le Temps de Noël 

Choeur de Chambre d'Alsace
Marc Fitze, orgue
Cyril Pallaud, direction 


Une oeuvre inclassable et déroutante
Composée par un jeune homme de 17 ans, elle ne relève pas du simple exercice de composition, imitant tantôt à la perfection le style Renaissance ou Baroque. Elle est l’expression sincère et vraie d’une âme créatrice en quête de transcendance qui réalise une exégèse musicale d’une rare intensité, sur l’un des grands textes du Christianisme.

Une œuvre s’inscrivant dans la Tradition
L’empreinte de la SingAkademie

Pour comprendre la genèse du Te Deum, revenons sur la formation du jeune Mendelssohn, que le milieu familial porta naturellement à l’amour des arts et lettres. En 1819, il devint l’élève de Carl Friedrich Zelter (1758-1832) en composition. Zelter était lui-même l’élève de Fasch qui fut l’élève de Johann Sebastian Bach. La tradition fut ainsi transmise.

Le Te Deum, comme nous le verrons plus loin, démontre la maîtrise exceptionnelle en contrepoint du jeune compositeur. Celle-ci fut acquise grâce à l’enseignement rigoureux de la Singakademie que l’on peut retrouver dans les exercices approfondis de basse continue, de canon et de fugue présents dans les cahiers du jeune Félix. Or, le Te Deum  coïncide exactement avec la fin de ses études académiques. En quelque sorte, il correspond à la pièce de « Maîtrise » du compagnon attestant de sa réussite, nous comprenons alors mieux pourquoi Mendelssohn mit tous ses moyens compositionnels au service de cette fresque qui devint, dès lors, son premier « Chef-d’œuvre ».

 

Pour comprendre les influences ayant sous-tendu la composition du présent Te Deum, il faut également avoir à l’esprit l’existence des « vendredis musicaux » de la SingAkademie auxquels participaient Mendelssohn. Le chœur, de très bon niveau, y interprétait le grand répertoire vocal de la Renaissance et de l’époque baroque. Ainsi, notre compositeur put chanter et diriger Palestrina, Allegri, Lotti, Marcelli, Leo, Haendel et Bach. Lorsqu’on examine le répertoire abordé, on ne peut s’empêcher de remarquer l’attachement fort aux œuvres vocales a capella  à double-chœur, forme que Mendelssohn choisit justement pour son Te Deum.

De la même façon, le choix du genre du Te Deum s’inscrit également dans une logique de continuité et de respect des pratiques traditionnelles. Genre très fréquemment utilisé pour commémorer des grands événements, un Te Deum était chanté chaque année à la Singakademie pour commémorer l’anniversaire du Roi. Ainsi, parmi les Te Deum entendus régulièrement par Mendelssohn, citons le Te Deum de Dettingen et le Te Deum d’Utrecht de Haendel, celui de Caldara et de Rhigini. Mendelssohn ira même jusqu’à citer  le thème du Te Deum d’Utrecht dans le premier numéro de son œuvre (mesure 5 à 8 – sujet de la première fugue).

Pourtant, le jeune compositeur ne se cantonnera absolument pas à un simple hommage aux styles anciens. S’il imite à la perfection tant la polychoralité vénitienne que le clair-obscur baroque, rivalisant avec la maîtrise technique des plus grands compositeurs du passé et démontrant son savoir-faire, il nous livre bel et bien une œuvre de son temps, une création unique dans laquelle la technique est au service d’un dessein bien plus grand, la Transcendance.

« Les compositions du jeune Mendelssohn tiennent une place privilégiée parmi les nouvelles pièces qui alimentèrent les séances de travail habituelles. Peu de temps après l’inauguration de la maison, en février 1827, on étudia son grand Te Deum  à huit voix que l’on chanta souvent dans les années qui suivirent. » Martin Blummer, directeur de la Singakademie